L'arrivée
La route a tourné longtemps entre les vignes nues. Décembre tient le pays par le col ; le givre fait briller les herbes comme du verre. Lou conduit d'une main, l'autre sur ton genou, et ne dit rien depuis le dernier village, ce qui, chez Lou, est une façon de parler.
La maison de Mamie sent toujours la même chose : le bois, la soupe, et une douceur ancienne qu'aucune marque ne vend. Le moteur n'est pas encore coupé que la porte s'ouvre. Mamie est là, plus petite que dans ton souvenir, deux pulls pliés sur l'avant-bras, un fuchsia, un parme, tricotés maille à maille pendant des soirées entières.
« Mes petites copines ! » Elle ouvre les bras. La laine sent la lavande et le temps. Derrière elle, le perroquet répète quelque chose que personne n'écoute plus.
Le mot est tombé, copines, doux et à côté, comme presque tout ce qui vient d'elle.






