Le badge vierge
Le hall est tout en verre, et le verre est plein de brume. La ville s'y dépose sans qu'on la voie venir. Dehors, une nacelle de laveur de vitres descend lentement la façade, un homme suspendu qui frotte le ciel. Tu le regardes plutôt que la réceptionniste, qui te tend déjà un rectangle de plastique et un marqueur.
« Vous écrivez votre prénom, on plastifie, c'est à vie. » Elle sourit du sourire des gens qui répètent la même phrase depuis quinze ans.
Le marqueur est presque sec. Le rectangle est blanc, propre, de la taille d'un aveu. Tu as deux prénoms qui vivent en toi : celui de la fiche, là-haut, dans un dossier ; et le tien, Sasha, celui que personne ici n'a encore prononcé. Un seul tiendra dans la pochette sans faire de pli.






